Marine le Pen Liquidation Définitive du Front National, Rivarol

Elle a osé. Alors qu’elle doit tout à son père, la vie, le pouvoir, l’argent, le parti, le logo, la fonction, alors qu’elle vit dans la généreuse écuelle que son géniteur lui remplit depuis 46 ans, elle qui n’a pour ainsi dire jamais travaillé de sa vie, qui a vécu jusqu’à l’année dernière dans la propriété de son père qui lui offrait le gîte et le couvert, Marine Le Pen le poignarde en direct à la télévision devant sept millions de téléspectateurs. Alors qu’elle ne doit sa place et ses avantages afférents (8 000 euros par jour de financement public !) qu’à la volonté de son géniteur, elle qui n’a rien fait d’autre que de succéder à son père, à la tête de l’entreprise, contre l’avis des amis et des lieutenants du Menhir, voilà qu’elle lui administre l’injection létale lors de la grand messe (noire) du 20 heures de TF1.

Alors que son ambition dévorante est inversement proportionnelle à ses qualités humaines, intellectuelles et morales et à ses capacités, plus que limitées, elle a osé commettre en direct un odieux et abject parricide qui achève de la discréditer et de la déshonorer aux yeux de tous les hommes de principe et de coeur. La présidente du Front national canal “déshonoraire” n’a manifestement en elle aucune grandeur. Comme l’a dit sur BFM-TV le coruscant Jean- Claude Martinez, avec son sens inimitable de la formule, « Marine Le Pen se comporte comme une infirmière politique avec deux ou trois brancardiers, Louis Aliot, Philippot, et elle est prête à euthanasier le père. Ce n’est pas rien d’euthanasier le père. » On savait déjà qu’au fond d’elle Marine Le Pen était pour le mariage pour tous. On sait aujourd’hui qu’elle est pour la seringue pour tous. En tout cas elle est pour la seringue pour Jean-Marie. Marine Le Pen est passée à l’acte. Nous savions, quant à nous, depuis longtemps de quoi cette virago sans coeur, sans principe et sans honneur était capable. La dédiabolisation est un monstre froid qui emporte tout sur son passage, les idées, le programme, les convictions, les militants sincères, les cadres historiques, et aujourd’hui jusqu’à son propre père. Jusqu’au président fondateur du mouvement. Avec une brutalité glaçante, une inhumanité qui fait froid dans le dos, Marine Le Pen a indiqué sèchement à son père la sortie. La mise en scène se voulait parfaite. Elle l’avait concoctée avec Philippot (de chambre), « cet immigré politique  au Front national. C’est Paul-Marie Coûteaux qui est allé le chercher dans un Lampedusa de l’ENA où il traînait dans une inspection à 3 500 euros par mois », dixit l’excellent Martinez. Ce n’est pas tous les jours que l’on voit une fille exécuter son père en direct à la télévision, foulant ainsi au pied le respect et l’amour dus à ses parents au coeur de toutes les civilisations. « Honore ton père et ta mère afin de vivre longuement dans le pays que l’Eternel t’a donné » affirme le 4e commandement de Dieu. Marine Le Pen n’emportera pas au paradis le crime odieux qu’elle vient de commettre. Et si nous n’étions pas dans une société désormais sans repères moraux, sans principe, sans honneur, elle se serait définitivement déconsidérée aux yeux de tous. D’autant plus que son père aura 87 ans le 20 juin, qu’il a failli périr il y a deux mois dans l’incendie de sa maison, totalement dévastée, et qu’il n’a dû qu’à son courage et à la Providence de ne pas mourir asphyxié dans les flammes, même s’il s’est blessé dans sa chute. Eh bien ce que les éléments et les ennemis politiques n’auront pas réussi à faire en soixante ans de vie politique, sa propre fille, sa benjamine, celle qu’il préférait, celle à laquelle il a tout donné, sans retour, sans contrepartie, celle qu’il avait choisie au grand dam de ses plus vieux amis, l’aura accompli. Froidement, cyniquement, brutalement. POUR LA MISE à mort du taureau Le Pen, sur TF1, elle s’était habillée en noir. Comme pour ses obsèques. « Il faut qu’il dégage le vieux, il sent la pisse » disaient déjà aimablement les mégrétistes avant la scission de 1998. Il faut qu’il dégage le père, dit aujourd’hui Marine, « il me fera chier jusqu’au bout », comme elle l’a dit avec son élégance habituelle à des journalistes de la grande presse. La fille indigne s’est en effet persuadée que son père mettait en péril la carrière dont elle est intimement convaincue, comme Mégret avant elle, qu’elle sera brillante. Grâce à la dédiabolisation, croit-elle, elle a trouvé la martingale gagnante. Qu’il prenne sa retraite et qu’il se taise ! Ah si seulement il avait pu brûler dans sa maison en flammes le 26 janvier dernier ! C’eût été tout bénéf ! Pas de chance pour elle, l’ancêtre a survécu. Il faut donc l’achever. De manière sauvage. La gamine s’y emploie. Ce n’est plus Dallas, c’est Borgia, ce n’est plus Dynastie, c’est le roi Lear : on exécute froidement le vieux monarque. Le Pen crée le trouble, dit la fille. Il affaiblit le FN avec ses déclarations, ajoute-t-elle. Steeve Briois, épouvanté, l’a dit l’autre jour à la télé, avec sa tête d’ahuri : « Il faut qu’il arrête avec les chambres à gaz. Marine ne peut pas trembler chaque matin en se demandant ce que son père va encore sortir. » Car c’est ça le fond du problème : ils pètent tous de trouille, les marinistes, devant les audaces du patriarche, devant sa liberté de parole, devant sa droiture et son courage. Ces amateurs de saunas gays n’ont peur ni de l’enfer ni du sida mais ils ont peur de la Shoah. C’est pourquoi, chaque fois qu’ils peuvent, ils brûlent l’encens devant l’idole, ils se prosternent, ils s’agenouillent, ils rampent. Dans l’interview que Jean-Marie Le Pen nous a accordée, le fondateur du FN déclare : « J’ai cessé de marcher à quatre pattes depuis l’âge de 18 mois. Je ne suis pas l’homo a plat ventrus ». Tout l’inverse de la garde rapprochée de Marine Le Pen habituée à se coucher au propre comme au figuré ! La fille indigne prétend vouloir liquider le père car elle s’est persuadée qu’il ralentit ou compromet son accession à l’Elysée. Elle le tue donc dans l’intérêt supérieur de la patrie, c’est ce qu’il faut comprendre. Mais comment prétendre défendre la patrie quand on tue le père ? Père et patrie, c’est la même racine, le même mot. La patrie, c’est la terre des pères, c’est une suite ininterrompue de générations. Jean-Marie Le Pen le disait bien dans son interview : « La France a existé au cours des siècles. Cela a coûté cher à ceux qui nous ont précédés. Ils en ont bavé, que ce soit dans les champs pour gratter la terre ou en maniant la baïonnette pour défendre le pays. » Comment une politicienne peut-elle dire que pour sauver la France il faut liquider son père ? On voit bien que la démocratie rend fou, pourrit tout, qu’au nom de mirages électoraux l’on est prêt à tous les crimes, toutes les trahisons, toutes les ignominies. Pour un plat de lentilles, pour trente deniers, elle renie, elle efface, elle gaze (si j’ose dire) quarante ans d’histoire du Front national. Elle ne peut être la tête du mouvement national en France puisqu’elle a coupé celle de son père, elle ne peut être le coeur de l’espérance de la France alors qu’elle a fendu le coeur de son géniteur. De celui qui l’a fait reine. Elle ne peut présider aux destinées du pays après avoir euthanasié le président-fondateur du mouvement défendant la France. Elle commet un acte contre-nature, monstrueux pour complaire au Système, dans l’espoir de s’y intégrer, d’y être reconnue. Ce n’est plus Crime et Châtiment, c’est CRIF et Châtiment ! On comprend mieux pourquoi Cukierman l’a tout récemment jugée « personnellement irréprochable » ? Etait-il au parfum des projets meurtriers de la fille ? Les lui a-t-il suggérés ? En tout cas, Marine Le Pen peut espérer d’ici quelques années être invitée au dîner annuel du CRIF à 900 euros le couvert. Il lui faudra faire encore quelques reptations, elle y est prête. De même les portes du mémorial de la Shoah pourraient-elles bientôt lui être ouvertes. Elle a troqué la flamme tricolore du Front national contre celle, sinistre, de Yad Vashem. Avec son concubin Aliot le falot, muni d’une kippa, ils pourront réciter la vulgate et se laisser aller aux pleurnicheries indispensables dans l’espoir d’être enfin reconnu à part entière par ce Système qui nous opprime et nous détruit. La tension entre le père et la fille, entre le canal neuronal et le canal hormonal, entre le canal historique et le canal hystérique, était déjà montée d’un cran après l’interview du Menhir sur BFMTV par Jean-Jacques Bourdin le 2 avril. Elle s’était désolidarisée de manière très appuyée des propos de son père — qui ne faisait pourtant que répéter ce qu’il avait toujours dit sur le sujet — et avait déjà pris la décision de lui interdire de mener la liste du Front national en région PACA. Avec l’interview accordée à RIVAROL ce fut un véritable tsunami. Dès le mercredi 8 au matin, sur ordre de la présidente, sa garde rapprochée sonna l’hallali. D’abord sous forme de tweets, cette communication très moderne où l’on exprime sa pensée, ou ce qui en tient lieu, en quelques mots seulement. Le premier à tirer, ce fut Louis Aliot, le concubin de la présidente. Il est 9h06. « L’entretien de JMLP dans ce torchon antisémite est parfaitement scandaleux et nos désaccords politiques irréconciliables. » Et Aliot d’ajouter : « C’est aussi mépriser les militants qui se battent tous les jours pour défendre nos valeurs contre un système de plus en plus liberticide ». Ce n’est pas en condamnant une interview donnée par un parlementaire qui s’exprime en toute liberté que l’on montre sa combativité contre un système liberticide. Il faut vraiment être sot pour écrire de telles choses. Il est vrai que Aliot, c’est un astre éteint : il reçoit la lumière mais ne la diffuse pas. A 10h14 c’est l’entrée en scène de Philippot, la tête pensante de Marine Le Pen, ses petites cellules grises comme aurait dit Hercule Poirot qui était, lui, d’une autre dimension : « La rupture politique avec JMLP est désormais totale et définitive. Sous l’impulsion de Marine Le Pen des décisions seront prises rapidement. » Le message ne laisse pas de place au doute : Philippot, dont Closer nous a appris qu’il couchait avec un journaliste de télévision, militant actif des droits des homosexuels, veut le meurtre du père fondateur. Car, a-t-il expliqué à Marine Le Pen, avec JMLP il n’est pas possible de gagner la présidentielle. Comme si elle pouvait la remporter alors que son parti n’a conquis aucun des 98 départements, pas même dans ses places fortes du Vaucluse ou de l’Aisne et qu’il est bien loin de pouvoir percer le plafond de verre des 50 % des suffrages exprimés ! Le technocrate Mégret en son temps tenait le même discours que l’énarque Philippot aujourd’hui : si le FN plafonne à 15 %, expliquait le délégué général du FN, c’est à cause des “dérapages” de Jean-Marie Le Pen, avec lui à la manoeuvre le FN serait à 30 %. « Avec Mégret, dans deux ans on est au pouvoir » exultait un militant au congrès de Marignane en janvier 1999 dans L’Evènement du Jeudi. Le MNR, à la demande de son président, avait fait faire des affiches : « Mégret : l’autoroute pour vos idées ». Moyennant quoi les 30 % espérés se sont transformés en 3 % (européennes de 1999) puis en 0,3 % (européennes de 2004), soit 30 % à l’envers, l’autoroute est devenue une impasse, les dettes se sont accumulées, l’échec fut complet. Quelques dirigeants qui avaient participé à cette opération se retrouvent aujourd’hui chez Marine Le Pen. Ils n’ont pas changé : pour conquérir le pouvoir il faut se dédiaboliser. La bêtise en politique donne une idée de l’infini ! Gilbert Collard, qui avait reconnu être franc-maçon depuis l’âge de 18 ans, preuve d’une précocité dans le vice qui force le respect, s’étrangle sur BFMTV : « Jean-Marie Le Pen, il entre au musée Grévin par cet article (sic), il faut être clair. On n’a plus rien à voir avec tout ce qu’il dit. Moi, je serai ravi que Jean-Marie Le Pen ne soit plus le président d’honneur ! Et si malheureusement les statuts n’étaient pas rédigés de telle manière qu’on ne puisse pas lui enlever ce titre, il y a longtemps à mon avis que Marine Le Pen l’aurait fait ». Une information politique très intéressante qui prouve que Marine Le Pen entend euthanasier son père depuis fort longtemps, ce qui pour nous est tout sauf une surprise. Puis en fin de matinée, toujours le mercredi 8 avril, c’est au tour de Marine Le Pen d’attaquer frontalement son père. En se confiant au Monde et en évoquant « une crise sans précédent » (qu’elle a elle-même provoquée !) au Front national. Et en rédigeant un communiqué qui en dit long sur l’émotivité, l’hystérie et la bêtise de la quadragénaire inculte (lui donne-t-on un livre, elle le colorie disent les mauvaises langues !) : « Jean-Marie Le Pen semble être entré dans une véritable spirale entre stratégie de la terre brûlée et suicide politique. Compte-tenu de cette situation, j’ai informé Jean-Marie Le Pen que je m’opposerai, lors du bureau politique du 17 avril prochain qui doit investir les têtes de listes pour les élections régionales, à sa candidature en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Son statut de Président d’honneur ne l’autorise pas à prendre le Front national en otage, de provocations aussi grossières dont l’objectif semble être de me nuire. C’est avec une profonde tristesse que je suis contrainte de réunir rapidement un bureau exécutif afin d’envisager avec lui les moyens de protéger au mieux les intérêts politiques du Front national ». Il y a une enflure des mots dans ce communiqué qui est parfaitement risible : en quoi ce que dit le Menhir dans l’interview accordée à notre hebdomadaire participe-t-il d’une stratégie de la terre brûlée ? Il est pareillement aberrant de parler de « suicide politique » comme si JMLP était homme à se suicider. Si la moindre brise médiatique la met dans de tels états, la pauvre fille, comment réagira-t-elle dans une crise extrêmement grave ? Mieux vaut que cette personne n’ait jamais entre ses mains la maîtrise du feu nucléaire : elle serait capable de détruire la planète et elle avec (mais ça pour le coup, ce ne serait pas une perte !) Marine le Pen c’est un mixte de Gianfranco Fini et de Pim Fortuyn, c’est Yad Vashem et la Gay Pride, le CRIF et la cage aux folles, Le Sentier et Gay-Lib. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si elle a promu Sébastien Chenu, le fondateur de Gay-Lib, à la tête d’un Collectif culture qui préparera sans doute des chars du néo-Front national et du Rassemblement Bleu Latrine à la prochaine Gay-Pride ! Marine Le Pen a fait son choix. A la différence d’Albert Camus qui choisissait sa mère, elle ne choisit pas le père. Elle préfère Sébastien Chenu au vieil homme chenu. Le 9 avril, sur TF1, cette politicienne sans foi ni loi a donc appelé sans honte son géniteur à quitter la vie politique, et elle le traduit devant les instances disciplinaires du mouvement qu’il a fondé et présidé pendant 40 ans, à une époque où elle était encore en culottes courtes. Lorsque l’on veut noyer son chien, on l’accuse d’avoir la rage. Marine Le Pen a jugé insupportable l’entretien qu’a donné son père à RIVAROL. Elle a pourtant été incapable de citer une phrase, un mot, une expression extraits de cet entretien et qui expliquerait cette mesure disciplinaire. Tout accusé a le droit de savoir précisément ce qu’on lui reproche. Jean-Marie Le Pen n’a pas eu droit de connaître quel était le corps du délit. Et pour cause puisque dans cet entretien-fleuve où le président d’honneur du FN montre comme d’habitude son exceptionnelle hauteur de vue et sa capacité à traiter sans notes, sans supports, sans que des conseillers soient obligés de lui préparer des fiches contrairement à Fifille, des sujets les plus divers, Jean-Marie Le Pen a tenu les mêmes propos qu’il tient depuis des décennies avec une constance, une persévérance et un courage qui l’honorent. C’est pourquoi quand Marine Le Pen affirme qu’elle « ne reconnaît plus son père », quand Philippot prétend que Jean-Marie Le Pen « se renie luimême » à force de “provocations”, de qui se moquent-ils ? La phrase sur le maréchal Pétain est un copié-collé de ce qu’il avait dit devant des milliers de militants dans son discours de clôture des BBR 1994 sur la Pelouse de Reuilly. Sa réponse sur le “détail”, il y est revenu à maintes reprises tout au long de sa vie politique depuis 1987. Et ces deux sujets ne forment que quelques lignes sur une interview de deux pleines pages, de plus de 32 000 signes typographiques et qui abordent les sujets les plus divers. Il est donc ahurissant que pour nous avoir accordé cette interview Jean-Marie Le Pen soit traduit par sa benjamine devant un tribunal interne qui doit statuer sur son exclusion du mouvement dont il est le fondateur. Cela a quelque chose de surréaliste, d’irréel, de mirobolant. Il s’agit bien là du meurtre du père, fût-il politique, médiatique et symbolique. Mais d’une certaine manière aussi physique car le coup qu’elle porte à un homme de 87 ans pourrait hâter sa mort. C’est en tout cas ce qui est souhaité très probablement dans cette affaire. Le Front national, c’est l’enfant de Jean-Marie Le Pen. Il y a consacré la moitié de sa vie. Et même soixante ans si l’on se souvient qu’il avait fondé un Front national des combattants dès 1957 ! Le voilà dépossédé, jeté dehors par une fille félonne. Il y a quelque chose de tragique et de poignant dans ce qui se passe actuellement. Jusqu’où peut aller l’ingratitude humaine, la trahison, la vilenie ? Elle est encore plus douloureuse, plus insupportable lorsqu’elle émane de sa propre fille. Comme le disait le Menhir dans l’entretien qui a fait scandale : « On n’est jamais trahi que par les siens ». Le Pen entend le chant du coq et le tintement des trente deniers. Que va-t-il se passer maintenant ? En 1998-1999 Jean-Marie Le Pen avait réussi à contenir la dissidence mégrétiste et à conserver le contrôle du mouvement parce qu’il disposait de la majorité absolue au bureau politique et au bureau exécutif. Cette fois c’est tout différent. Il a livré le parti à sa fille sans même conserver une minorité de blocage, des alliés suffisamment nombreux et sûrs en interne. Bien au contraire, comme on l’a vu tout au long de la semaine, les différents cadres du mouvement, par arrivisme, par souci de la gamelle, ont tous fait allégeance à Marine Le Pen, y allant de surcroît de leur petite crotte contre un Jean-Marie Le Pen accusé de mettre en danger le mouvement, c’est-à-dire en réalité de compromettre la carrière de la présidente et l’écuelle de toute sa troupe de chihuahuas affamés. Que Le Pen n’a-t-il écouté alors qu’il en était encore temps son fidèle Roger Holeindre : « Ta fille n’a pas tes idées, elle te trahira et elle n’est entourée que de pédés » ? Que n’a-t-il médité sur ce que son fidèle Jean-Pierre Reveau disait de “l’héritière” : « cette femme est sans foi ni loi » ? Quel dommage qu’aveuglé par son amour paternel exclusif Jean-Marie Le Pen n’ait tenu aucun compte à l’époque des avis de ses amis les plus désintéressés, qu’il n’ait pas écouté non plus son épouse Jany qui n’a jamais eu, on le sait, beaucoup d’estime pour Marine Le Pen qui le lui rendait bien. Nous nous souvenons d’une Marie-France Stirbois en pleurs, se désolant de ce qu’il n’y ait aucun moyen de faire entendre raison au Menhir, de lui montrer qui était vraiment sa fille, une femme prête à tuer père et mère (et elle l’a montré) pour assouvir une ambition dévorante. Marie-France Stirbois nous confiait peu avant de mourir : « on ne peut pas lutter. Marine Le Pen habite chez son père à Montretout. Elle le voit tous les jours. Elle exerce sur lui une pression psychologique contre laquelle on ne peut rien. C’est comme si elle l’avait envoûté ! » Nous avons toujours pensé quant à nous que le cancer foudroyant qui l’a emportée un dimanche de Pâques, en 2006, était en grande partie la conséquence de sa douleur, de son désespoir de voir le Front national pour lequel elle et son époux s’étaient tant battus devenir l’otage, et bientôt la chose, d’une fille sans colonne vertébrale et de sa clique de misérables arrivistes. Pendant des années nous avons espéré que Jean-Marie Le Pen comprendrait avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’il ne lui donne les clés de la maison. En 2005, à la suite de libres propos retranscrits dans RIVAROL sur l’occupation allemande en France, déjà sa fille s’était publiquement et bruyamment désolidarisée de lui, se mettant même temporairement en retrait, sans toutefois démissionner. Il y eut certes entre eux une brouille passagère. Mais malheureusement Marine Le Pen revint vite au premier plan. Pis, c’est au cours de cette même année 2005 que la direction du parti tomba totalement dans l’escarcelle de Marine Le Pen, Carl Lang étant remplacé au secrétariat général du mouvement par le concubin de “l’héritière” dont on connaît l’intelligence et la finesse d’esprit. La messe était dite. Cette crise de 2005 entre le père et la fille est très importante parce qu’elle explique ce qui se passe dix ans plus tard. La trahison de 2015 n’est que la conséquence inexorable et la répétition de celle de 2005. Dans les deux cas, ce sont des propos tenus à RIVAROL qui mettent le feu aux poudres. Ce qui n’est pas étonnant car notre hebdomadaire incarne la droite sans concession. La différence, c’est qu’en 2005 Le Pen tenait les manettes et qu’aujourd’hui c’est sa benjamine qui les tient et elle n’est pas près de les lâcher. Les occasions n’ont pourtant pas manqué jusqu’à la passation de pouvoir pour comprendre qui était vraiment Marine Le Pen. En 2008 elle se désolidarise encore de son père, ainsi que son camarade de jeux Louis Aliot, à propos de l’entretien accordé au mensuel Bretons. Bis repetita en 2009 à la suite de la brève allocution au Parlement européen de Jean-Marie Le Pen et de sa phrase sur les chambres à gaz. Cela montrait déjà à l’époque leur totale soumission à la religion de la Shoah. Et cela explique ce qui se passe aujourd’hui. POUR SA SUCCESSION Jean-Marie Le Pen avait choisi la solution filiale. Sa fille lui applique la solution finale. Nous avons assisté en direct à la Shoah de Jean-Marie Le Pen, à l’holocauste du Menhir, un sacrifice d’agréable odeur aux dieux médiatiques et aux déesses maléfiques. Tout un symbole : Le Pen a été tué par sa fille pour avoir parlé des chambres à gaz. Encore un effet prodigieux de ce que Louis-Ferdinand Céline appelait, après avoir lu le livre de Paul Rassinier Le Mensonge d’Ulysse, dans un courrier à Albert Paraz le 8 novembre 1950, « la magique chambre à gaz ». Et l’auteur du Voyage au bout de la nuit d’ajouter : « C’était tout, la chambre à gaz ! ça permettait tout. » Céline avait bigrement raison sauf d’utiliser l’imparfait de l’indicatif, marque selon les grammairiens d’un temps révolu. Car aujourd’hui plus que jamais la chambre à gaz permet tout : elle était déjà à l’origine directe de la scission entre Le Pen et Mégret, ce dernier voulant en finir avec les “dérapages ” du Menhir censés plomber le mouvement et compromettre la carrière brillante que, lui, Mégret, se promettait de réaliser. La magique chambre à gaz, à laquelle sans l’avoir vue tout le monde croit comme à un article de foi, explique aujourd’hui le meurtre de son père par Marine Le Pen. N’est-il quand même pas frappant que les deux principales structures de résistance, vraie ou apparente, au mondialisme, l’une politique, l’autre religieuse, le Front national et la Fraternité Saint-Pie X, soient passées à quelques années d’écart au révélateur des chambres à gaz ? A chaque fois la direction légale des deux structures a préféré sacrifier le doyen de l’organisation, Richard Williamson dans un cas, Jean-Marie Le Pen dans l’autre, parce qu’ils avaient pris, l’un et l’autre, l’un plus que l’autre, des libertés par rapport au tabou des tabous. Et il y a encore des imbéciles pour prétendre que cette question n’est pas centrale. A d’autres ! Pour tenter de justifier l’ouverture d’une procédure disciplinaire contre le Président d’honneur du mouvement, Marine Le Pen s’est dite garante des statuts du Front national et a cité sur TF1 un article desdits statuts. Or, on ne voit pas en quoi, dans son interview à RIVAROL, le président d’honneur du FN a si peu que ce soit violé tel ou tel article des statuts du parti qu’il a fondé. Marine Le Pen, preuve de sa bêtise, ne s’est même pas rendu compte que l’article des statuts qu’elle a lu à l’écran affirmait explicitement l’attachement du Front national à « la liberté de pensée et d’expression ». Or, dans cet entretien, Jean-Marie Le Pen, comme à son habitude, en homme politique libre et responsable, a usé de son droit à la liberté d’expression. Contrairement à ce qui est répété ici ou là, il n’y a aucune provocation, aucun dérapage dans l’interview qu’il nous a accordée. Aurait-il tenu ses propos il y a trente ou quarante ans, ils n’auraient créé aucun scandale. Cela en dit long sur la réduction sans cesse plus effrayante des libertés dans nos sociétés. Le fondateur du Front national est un homme qui dit ce qu’il pense, qui répond sans détour aux questions qui lui sont posées, ce qui est devenu tout à fait exceptionnel dans une classe politique de menteurs, de médiocres et d’émasculés. Par ailleurs, comme l’a confié le 13 avril au Figaro Jean-Marie Le Pen : « C’est la première fois que je vois qu’on puisse engager une procédure de sanctions contre un parlementaire à cause de l’opinion qu’il aurait exprimée dans un interview. Ça me paraît insensé. » Dans un tweet daté du 10 avril, Marine Le Pen ose parler de “décence” alors qu’elle fait preuve d’une rare indécence et “d’unité” alors que par son parricide elle met gravement en danger le mouvement que son père lui a confié. Faut-il que les mots n’aient plus aucun sens pour que l’on puisse se permettre un tel cynisme ? Mais d’elle rien ne nous surprend : elle n’est que fiel envers les nationaux et nationalistes, catholiques de tradition, radicaux, maréchalistes, révisionnistes, envers son propre père, envers les militants du FN qui avaient été stigmatisés et poursuivis par SOS-Racisme et l’UEJF, en revanche elle est tout miel envers les lobbies (gay, juif, franc-maçon) et répète la vulgate sur la guerre, sur Pétain, a condamné les libres propos de Vanneste sur l’homosexualité, ceux de Roland Dumas sur l’influence juive exercée sur Manuel Valls par son épouse. Il a suffi que des organisations dites antiracistes fissent de la délation et portassent plainte pour des propos tenus sur les réseaux sociaux par des candidats du FN pour qu’aussitôt ils fussent suspendus du mouvement et que l’on annonçât leur exclusion comme déjà acquise. Il n’y a plus aucune liberté de parole et de pensée au néo-Front national dont le fonctionnement est de plus en plus stalinien. On le savait certes depuis longtemps. Mais il y avait encore Jean-Marie Le Pen. C’était la seule bouffée d’oxygène. Et voilà qu’on étouffe également sa voix, qu’on veut le faire taire. Car il ne s’agit pas seulement de lui interdire toute nouvelle candidature à quelque élection que ce soit, il s’agit d’exiger de lui qu’il quitte définitivement la politique, qu’il renonce à ses mandats électifs d’eurodéputé et de conseiller régional et à ses prérogatives de président d’honneur, qu’il refuse toute interview, toute rencontre avec des journalistes, toute participation au débat public alors qu’il aurait encore tant à apporter par son exceptionnelle hauteur de vue, son expérience, sa culture. Sa fille veut le transformer en mort-vivant, en cadavre politique. JMLP l’a bien compris et a dit sur RTL : « Un bienfait n’est jamais pardonné. Je pense que la liberté de penser, la liberté d’expression sont des biens précieux et que le Front national doit les défendre. S’il ne les défend plus, en effet c’est Madame Le Pen qui doit se poser la question de savoir si ce qu’elle fait est utile à la cause qu’elle prétend servir. » Et Le Pen d’ajouter, le 10 avril, que sa fille « se soumet au Système et dynamite le mouvement ». On comprend mieux pourquoi le Système médiatique et politique a pris fait et cause pour elle depuis 2002. Le coup vient de loin. Et voilà que les media l’encouragent au parricide, comme s’ils voulaient réellement son bien : « tuer son père symboliquement permet de grandir » a-ton pu entendre de la voix de plusieurs éditorialistes qui naturellement en demandent toujours plus : il faut exclure le père, un blâme ne suffirait pas car on pourrait toujours l’accuser de duplicité. Une fois le père tué, croit-elle pour autant qu’on lui en saura gré ? Que nenni ! On dit déjà que dans le programme du FN il y a toujours l’abrogation du droit de sol, comme sous Vichy, et on sait où cela a mené. On accuse le FN de désigner les immigrés comme bouc émissaire comme naguère on le faisait pour les juifs. Bref on n’en sort pas. Tant que Marine Le Pen et ses eunuques n’auront pas absolument tout renié (mais ils le feront, n’en doutons pas, c’est la logique infernale de la dédiabolisation), ils seront attaqués au nom de la Shoah. D’ailleurs, Klarsfeld a dit récemment qu’il quitterait la France si Marine Le Pen arrivait au pouvoir car, selon lui, elle détruirait « la mémoire de la Shoah ». Il n’y a pourtant aucun risque qu’elle la détruise quand on voit à quel point elle est alignée sur le Dogme. Pendant que les télévisions faisaient leur une sur la crise au Front national, l’Assemblée nationale votait l’ouverture de salles de shoot où les drogués pourront ingurgiter leur poison en toute légalité, la suppression du délai de réflexion pour avorter et parallèlement la baisse des allocations familiales pour 10 % des familles. Voilà où nous en sommes : l’on va toujours plus loin dans l’horreur, dans l’inversion. Ce n’est donc pas en faisant des concessions, des courbettes que l’on changera les choses en mieux. C’est en combattant de manière frontale le Système, son vocabulaire, ses codes, ses tabous, ses valeurs. Cette éviction de Jean-Marie Le Pen est un mauvais coup de plus pour notre camp, notre pays, pour nos libertés. Le monde dans lequel nous vivons est chaque jour plus irrespirable. L’air manque à nos poumons. Plus personne désormais dans les formations politiques qui ont accès aux grands media n’exprimera une parole un tant soit peu libre. Plus que jamais la pensée unique va tout envahir, nous vivons plus que jamais dans l’univers clos du mensonge. Tout le monde abandonne aujourd’hui Le Pen sauf le fidèle dauphin Gollnisch auquel il avait préféré sa benjamine, ô cruelle ironie. Même sa petite-fille qui remplacera le Menhir (mais peut-on le remplacer ?) à la tête de la liste FN en PACA le condamne. Marion Maréchal qui affirme que sa « candidature n’est pas sous tutelle. Je n’ai jamais été l’objet de mon grandpère » stigmatise dans La Provence « les propos de Jean-Marie Le Pen qui sont tellement éloignés de ce que je suis, une femme de droite, certainement pas de l’extrême droite raciste, antiparlementaire et totalitaire » (sic !) et refuse, contrairement au souhait du patriarche, de former un ticket avec Bruno Gollnisch car « elle ne se reconnaît pas dans sa ligne » et parce qu’il appartient à « une époque un peu révolue », la jeune femme se situant clairement « dans le Front national de Marine Le Pen ». Au moins les choses sont-elles claires. Voilà qui devrait décevoir ceux qui espéraient que la petite-fille, elle au moins, resterait fidèle aux positions de son aïeul. Manifestement il n’en est rien. La crise actuelle est tragique mais elle permet au moins une clarification politique qui était devenue indispensable : non, Marine Le Pen n’est pas l’héritière de son père. Elle en est la liquidatrice. En un sens il est bon que la France entière, que les militants nationaux comprennent qui est le serpent que Jean-Marie Le Pen a réchauffé dans son sein. Depuis des années que nous combattons de manière ouverte Marine Le Pen et sa bande d’arrivistes, de francs-maçons et d’homosexuels (ne rayez pas les mentions inutiles, il n’y en a pas !), combien d’attaques, d’insultes avons-nous reçues, y compris et surtout dans le camp dit national ? Lorsque l’on voit ce qui se passe aujourd’hui, qui avait raison ? Et qui avait tort ? Mais comme dit la chanson il a dit la vérité, il doit être exécuté. Et pourtant on ne gagne rien à mentir, à dissimuler la vérité, à faire des compromis. Tôt ou tard la vérité se venge, elle éclate, violemment. Car la vérité fait mal, elle est radicale, sans concession, sans faux-fuyants. Mais elle rend libre.

Rivarol

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