L’Affaire Dieudonné

Source de l’article: Rivarol

France juive VS France BBB

Il y a tout dans cette affaire Dieudonné, du pas vraiment nouveau, du toujours plus dingue, et l’important. Pas nouveau, l’acharnement contre l’homme. Il est vulgaire, il n’est pas drôle, il ne paie pas ses impôts, comme Le Pen dans les années quatre-vingts. Verrat- on sa compagne dans Play Boy avec un plumeau ? C’est un comique en fin de carrière, comme Jean Roucas, aux blagues foireuses et aux phrases répugnantes. Bref, rien de nouveau sous le soleil du discrédit. On sait à quoi ça sert, Aurélie Filippetti l’a dit : « Dieudonné n’appartient plus au monde du spectacle, il n’est plus du côté des artistes ou des créateurs. » Il est passé du côté du mal, épisode de la lutte immémoriale entre le citoyen et le nauséabond, le froid et le chaud, le cru et le cuit, le jour et la nuit, dirait BHL. Pas nouveau, l’Etat partisan et provocateur. Valls est particulièrement ridicule quand il joue son petit dictateur, il ressemble à un constipé qui tente de déféquer, mais il se borne à enfiler les gros sabots de Combes, Frey, Joxe, Pasqua. Il s’essuie les pieds sur la séparation des pouvoirs et confond allègrement exécutif et judiciaire : il ne fait là qu’imiter De Gaulle, entre autres. Il confond juste en plus loi et morale. La justice, de toute manière, est aux ordres successifs, en 1945, en 1962, en 2014. Quant au conseil d’Etat, qui s’est montré particulièrement souple, il faut se souvenir que c’est une chambre aux attributions confuses, composée de fonctionnaires mal recrutés, qui rend depuis trente ans des arrêts désastreux. Pas nouveau les media et les leaders d’opinion devenant amoks pour maudire le bouc émissaire. Pas nouveau les journalistes et les politiques reprenant les mêmes éléments de langage, les débats où droite et gauche répètent le même point de vue, les plus courageux défenseurs commençant, en apologistes avisés, par condamner des paroles “ignobles”. On a vu cela deux fois au moins dans l’histoire toute récente, entre les deux tours de 2002 et lors de l’affaire Carpentras en 1990. On goûtera comme une friandise les perfides conseils juridiques de Pierre Joxe, manipulateur de Carpentras, à son successeur maladroit. Pas nouveau le deux poids deux mesures. Les Femen et d’autres sont libres de profaner églises et images du Christ, donc de commettre des actes explicitement antichrétiens, pendant qu’on condamne un artiste pour des paroles censément antisémites qu’il pourrait prononcer. C’est toute l’histoire du racisme anti-blanc depuis quarante ans, par exemple, toute l’histoire de la diabolisation de la France normale sous l’hypostase de l’extrême droite. Toute l’histoire de “l’antisémitisme” aussi. Pas nouveau, qu’ils voient des “antisémites” partout : c’est le ressort principal de l’actuel système politique et le fonds de commerce de certains privilégiés. Shulamit Aloni, prix Israël et ancien ministre de l’Education nationale hébraïque, vient de constater : « C’est une combine que nous utilisons toujours. Quand quelqu’un en Europe critique Israël, alors nous sortons “l’Holocauste”. Quand les gens dans ce pays (les Etats-Unis) critiquent Israël, alors ils sont “antisémites” ». Pas nouveau, le coup de l’ordre public invoqué par le gouvernement, dans une inversion grave et caractéristique, pour interdire la victime au lieu de la protéger de ceux qui la menacent : les seules violences constatées étaient celles infligées par six activistes juifs à des facteurs de quenelles. Cela m’a rappelé tant de fois où les préfets la plus souriante, mais non la moins implacable, du totalitarisme. Pas nouveau, l’argument massue qu’ils ressortent toujours pour justifier leur censure : la liberté d’expression n’est pas la liberté de négation, le racisme (ou l’antisémitisme, ou le négationnisme) n’est pas une opinion, c’est un délit. Ach, kolossale finesse ! Ce ne sont ni des opinions, ni des délits, ce sont des mots, et il suffit de coller l’un de ces mots sur une opinion pour traîner devant un tribunal celui qui la soutient. La liberté d’expression est bafouée tous les jours en France depuis trente-cinq ans, on jette en prison des gens pour délit d’opinion, sans que cela ne gêne aucun démocrate. Cessons de jouer : la liberté d’expression n’a jamais existé nulle part, c’est un slogan de journaliste républicain sous l’Empire : une fois au pouvoir, il la supprime. Pas nouveau, l’utilisation couplée de deux mots, “antiracisme” et “antisémitisme’, qui n’ont rien à voir entre eux (il y a des racistes juifs et des antiracistes antijuifs) dans le dessein de confondre un adversaire dans le même discrédit : ainsi fonctionnait déjà l’anti-anticommunisme. Valls, c’est Sartre, tout raciste est un chien. Pas nouvelle, la conclusion, « la République a gagné » : elle gagne toujours. L’accaparement de la chose publique par une minorité agissante d’idéologues fonctionne victorieusement depuis 1870. Le déni de droit qui le permet a commencé dans les années 1880. La République, née d’un coup d’Etat, est un coup de force quotidien destiné à diviser les Français pour les asservir à une idéologie destructrice. La tradition républicaine est un coup d’Etat permanent (voir la révolution laïciste 1879 -1906 et la façon dont la IIIe déclenchait ses guerres) ; l’Etat de droit dont ils se barbouillent la bouche est le viol constant de la loi par ceux qui la maquereautent. Mais quand même, il y a, je dirais, un petit progrès dans l’absurde, le burlesque et le mortel. Il y a toujours plus dingue. Dingue, quand même, cette quenelle salut nazi inversé, que tous les pontifes de la crétinerie dénoncent avec le sérieux d’Elie Wiesel parlant de son matricule. Dingue que l’on incrimine les mannequins dans les vitrines, que l’on dénonce les lycéens et qu’ils finissent en garde à vue. Dingue que la blonde Eva Joly compare Dieudonné à Breyvik. Dingue que le rabbin Bernheim, celui qui s’était inventé des diplômes, fasse une longue leçon au délinquant de la quenelle en suggérant que ses ancêtres camerounais étaient du côté des négriers. Dingue qu’on trouve dans la manoeuvre du conseil d’Etat un Arno Klarsfeld dans le civil agitateur anti-Dieudonné, avec pour seul responsable du jugement un Stirn descendant du capitaine Dreyfus (quelle parenté avec l’andouille de Vire ?). Et quand on les voit dans les reportages, ou dans les débats monochromes, on se dit qu’ils en font vraiment beaucoup. Ce n’est plus une minorité visible, c’est une minorité ostentatoire. Et dans ce super cinéma, ils tiennent bien sûr tous les rôles importants : Cukierman pour le CRIF et Jakubowicz pour la LICRA approuvent Valls, Tartakowsky pour la LDH le réprouve, et tous condamnent Dieudonné : ils vont toujours un peu plus loin dans le sûr de soi et dominateur. Un peu plus dingue. Quos vult perdere Jupiter… L’important, maintenant. Est-ce de dire, avec les uns, qu’on parle trop de Dieudonné, que cela fait diversion aux échecs et aux sottises de Hollande ? Ou que les ambitieux du PS ont laissé Valls se mettre dans un guêpier juridique dont il est assuré, à terme, de ne pas sortir ? Non, tout cela est vrai mais secondaire. L’important est-il la liberté d’expression ? Encore non, voir plus haut, la liberté d’expression est juste une mesure des contradictions où s’embrouille ce qu’on nomme aujourd’hui la démocratie. L’important est quelque chose de plus haut, la recherche de la vérité, et l’incidence qu’elle a eu sur la personne de Dieudonné — ce qu’on peut nommer une conversion. Et le danger que cette conversion fait courir à un système parfaitement tenu depuis 1945. Ce système idéologique et politique repose sur une morale elle-même gagée par le mythe du crime unique. C’est ce pôle noir de l’humanité qui garantit l’efficacité de l’antiracisme. Bien. Dieudonné, humoriste chéri du système, fut lancé dans les pattes du Front national voilà vingt ans. Depuis, les hasards de la vie ont fait qu’il a compris à quoi sert l’antiracisme et ce que vaut le mythe du crime unique. Son expérience est analogue à celle d’un Oussama Ben Laden, c’est un golem qui échappe à ses créateurs. Il change sa casaque rouge pour une casaque noire, passe de l’extrême gauche à l’extrême droite, donc de l’impunité totale à la culpabilité automatique. Mais l’ennui, pour le système, c’est qu’à la différence d’un Soral, seulement sociologue, Zemmour, journaliste, ou Le Pen, politique, Dieudonné est un artiste, c’est-àdire un prêtre jouissant d’une immunité spéciale, un communicateur propagandiste capable de pénétrer les consciences sans provoquer de réaction négative. D’où la percée rapide accomplie dans les salles de spectacle et sur le net – sans l’aide de Manuel Valls. Il fallait absolument l’arrêter, et voilà le pourquoi de l’action du ministre de l’Intérieur. Mais elle ne suffit pas : il y fallait l’aide des media, de Nicolas Bedos, de Guy Bedos et d’Aurélie Filippetti, il fallait à toute force que Dieudonné ne soit plus un humoriste mais un militant politique. De là la controverse abracadabrante sur son degré de drôlerie. De la ce négationnisme absurde de sa vis comica. Il est piquant qu’une chaîne comme LCI ait invité le rédacteur en chef de Charlie Hebdo, organe présenté comme libre, drôle et “iconoclaste” pour condamner Dieudonné : c’était donner la caution d’un métier réputé anarchisant à une entreprise policière. Ledit rédacteur en chef a d’ailleurs le physique de l’emploi, avec sa tête de doux tchékiste. Si maintenant, derrière la magie du mot qui tue, on essaie de comprendre “l’antisémitisme” de Dieudonné, on trouvera deux choses : agacement et recherche, agacement du deux poids deux mesures, agacement qu’on n’ait jamais le droit de parler de certaines choses, et recherche : oui ou non existe-t-il une, ou des questions juives ? Oui ou non peut-on parler d’influence, de communautarisme, d’exclusivisme, oui ou non y a-t-il une exception juive ? Il faut avouer que, dans le contexte actuel, étant donné l’histoire personnelle de Dieudonné, les frictions entre juifs et noirs ici, juifs et musulmans là, ces questions débouchent sur une concurrence géopolitique : la compétition pour l’exploitation de la mémoire et de la souffrance oppose les enfants de Frantz Fanon à ceux d’Ariel Sharon, comme je l’avais établi dans A quoi sert l’histoire en 2009, avec une transcription chez nous, la lutte entre la France juive et la France black-blanc-beur. De ce point de vue, on est fondé à craindre que le sioniste Valls n’ait lancé la guerre civile en France. Sciemment ou non, c’est une question à étudier. On notera que, pour représenter la France qui en a marre, on est passé de Jean- Marie Le Pen à Dieudonné, du grand Breton au grand mulâtre franco-camerounais. Ainsi change la société française. Chacun sera bien avisé de savoir de quel côté penchent ses intérêts. Et de se demander si l’alternative politique ainsi posée est bien réjouissante. Si elle nous intéresse, nous Français de souche, et si elle est pertinente, si leurs fantasmes comparés ont la moindre valeur à nos yeux. Ici, il faut revenir à la recherche de la vérité. Quand ils examinent le mythe du crime unique et les données historiques sur lesquelles il se fonde, un Dieudonné, un Faurisson montrent souvent une lucidité louable. En revanche, quand ils dénoncent l’utilisation qui en est faite, ils se limitent à une toute petite partie du spectre, savoir son exploitation par Israël. Ils focalisent donc leur attention politique contre le sionisme. C’est une erreur. Ce qui compte, c’est de faire la vérité sur la Shoah et son exploitation, sur tous ceux qui l’exploitent, comment et à quelles fins. Avant-hier, les alliés de la guerre, hier le communisme et l’anticolonialisme, aujourd’hui le mondialisme. C’est encore — pour combien de temps, cela dépend vraisemblablement de la Chine — la question politique centrale dans l’Euramérique et ses dépendances. Pour s’en tenir à la question juive, ou aux questions juives, on est forcé de constater que la création de l’Etat d’Israël fut un scandale, son expansion un autre scandale, et que les Israéliens poussent souvent le bouchon très loin : mais Israël n’est pas le seul problème auquel nous ayons à faire face. Surtout, il ne faut pas se limiter à la critique du sionisme. Le bundisme, le trostkisme et d’autres enfants de ce qu’Emmanuel Berl nommait le judaïsme politiquement organisé (j’avais simplifié voilà vingt ans en JUDAPO) sont tout aussi préoccupants. Nous devons nous poser sérieusement la question du judéomondialisme après celle du judéobolchevisme. Laissons pour finir la politique. Pour ce qui est de la recherche de la vérité, qui est primordiale, Dieudonné donne beaucoup de lui-même, de l’allant, de l’esprit, du courage, de la force de conviction, des relations dans des milieux qui ne nous sont pas familiers. Il est en butte à des forces formidables, peut-être physiquement menacé. Il faut le soutenir. C’est une affaire d’honneur. PS : Certains ont un petit problème de sodomie macabre. Pour la quenelle, Jakubowicz, l’homme de la LICRA, l’interprète aussi comme une façon de sodomiser les victimes de la Shoah, et, lors de la profanation du cimetière juif de Carpentras, un mât de parasol ayant été retrouvé près d’un cadavre déterré, Laurent Fabius l’avait déclaré “empalé”. Ça ne tourne pas très rond chez ces braves gens, Hervé Ryssen a raison.

HANNIBAL

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