Décalogue d’Auschwitz

Un chrétien ne peut pas être antisémite, a affirmé lundi le pape François, devant une délégation du Comité juif international, en soulignant dans un autre message que les horreurs d’Auschwitz ne doivent plus jamais avoir lieu. Condamnant toutes les manifestations de haine entre les fidèles des deux religions, le pape a souligné devant cette délégation que la déclaration du Concile Vatican II (1962/65), Nostra Aetate, qui avait affirmé les liens de proximité entre les deux monothéismes, pour la première fois après des siècles d’antisémitisme, restait un point de référence fondamental pour l’Église. D’où il découle qu’un chrétien ne peut pas être antisémite, a-t-il fait valoir avec netteté, en évoquant ses propres souvenirs de dialogue intense qu’il avait tissé quand il était archevêque avec les rabbins argentins, notamment avec le rabbin de Buenos Aires Abraham Storka, avec qui il est resté très lié. Nous nous sommes enrichis dans ce dialogue, a-t-il rappelé. Finissant son discours par les mots pace (paix en italien) et shalom, le pape François a lancé aux délégués du Comité juif international : Je vous demande le don de votre prière, et je vous offre la mienne. Le cardinal Jorge Bergoglio, aujourd’hui pape, était réputé pour la grande cordialité de ses relations avec la communauté juive argentine. Il poursuit la ligne de rapprochement adoptée par Jean Paul II et Benoît XVI, même si de nombreuses incompréhensions et susceptibilités demeurent entre le catholicisme et le judaïsme. Radio Vatican a par ailleurs révélé que le pape avait envoyé un message de fraternité avec les juifs, à l’occasion de l’interprétation dimanche de la symphonie La souffrance des innocents par l’orchestre du mouvement catholique, le Chemin néocatéchuménal, devant l’entrée du camp d’extermination d’Auschwitz (Pologne). Les horreurs commises en ce lieu ne doivent plus jamais se produire. Que cette initiative porte de nombreux fruits dans le renforcement des liens de respect et d’amitié entre juifs et chrétiens, a écrit le pape argentin. Ce concert, sous la direction du fondateur de cette communauté en pleine expansion, Kiko Argüello, était donné en présence de nombreux représentants de l’Eglise et de la communauté juive internationale, dont le cardinal Stanislaw Dziwisz, archevêque de Cracovie, et le rabbin David Rosen, président du Comité juif international pour les consultations interreligieuses. Six cardinaux, cinquante évêques, 35 rabbins et 15.000 personnes étaient présents à Auschwitz pour ce concert sans précédent, selon Radio Vatican.

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