Le Génocide des Blancs en Afrique du Sud, Témoignage et Analyse

Source des article: Stormfront, Altermedia

Un Sud-africain blanc témoigne : « Il existe aujourd’hui une haine raciale que je n’ai jamais connue dans ma jeunesse »

Edwin est sud-africain. Ses origines remontent au XVIème siècle, dès l’arrivée en Afrique australe de Hollandais et Huguenots français auxquels vinrent se mêler, au cours des siècles, Allemands, Anglais et Irlandais. Comme la majorité des Blancs, il parle anglais et afrikaans. Il a été enseignant, il a la cinquantaine et s’est reconverti dans l’informatique. Il raconte, en exclusivité pour Novopress France, ce qu’est devenue la vie quotidienne des Blancs en Afrique du Sud depuis la fin de l’Apartheid. Un témoignage sans fard ni concession. Un avertissement pour les Blancs d’Europe.

Novopress : Comment avez-vous ressenti le changement qui s’est opéré depuis l’abolition de l’Apartheid?

Edwin : Depuis que l’ANC est au pouvoir, de nombreux changements ont affecté notre existence quotidienne et se sont faits de plus en plus contraignants. L’apparition de la peur, engendrée par la criminalité, est indéniablement l’effet le plus marquant. Les gens ont peur de sortir de chez eux, se sentent vulnérables même dans les endroits publics. La peur est présente jour et nuit. Mon propre père n’ose plus tondre le gazon devant sa maison : les personnes âgées sont des cibles faciles, donc prisées… La police, quasiment vidée de ses meilleurs éléments, est soit corrompue, soit totalement dépassée…

Novopress : Avez-vous été vous-même victime de violence ?

Edwin : Pas personnellement, jusqu’à présent, mais deux de mes amis ont été assassinés durant un cambriolage. D’autres proches, dont des membres de ma famille, ont fait l’expérience des « big 4 » Autrefois, cette expression s’appliquait à une attraction populaire et touristique : la chance d’apercevoir les quatre plus gros animaux sauvages : lions, éléphants, buffles et rhinocéros, lors d’une excursion en brousse. Aujourd’hui, il s’agit d’avoir été victime d’un vol de voiture, d’un cambriolage, d’un viol et d’un assassinat…L’Afrique du Sud, on le sait, détient aujourd’hui le taux de viols le plus élevé du monde.

Novopress : Vous avez enseigné autrefois. Quel regard portez-vous actuellement sur l’éducation dans votre pays?

Edwin : J’estime avoir bénéficié d’une très bonne éducation dont je voulais faire profiter les autres… Mon pays, malheureusement, figure aujourd’hui au bas de l’échelle dans ce domaine. Je dirais que l’enseignement public est devenu une plaisanterie nationale… Les écoles privées sont devenues très onéreuses. L’éducation est l’une des raisons principales de l’émigration des Blancs.

Novopress : Pouvez-vous nous faire une analyse rétrospective de la situation ?

Edwin : On m’accuse, en tant que Blanc, d’avoir causé beaucoup de souffrances aux peuples noirs. Je le nie totalement. On dit aussi que j’ai été avantagé au détriment des autres… Vraiment ? Lorsque des terroristes – bien équipés et tout frais sortis d’un endoctrinement marxiste en URSS – ont tenté de passer nos frontières, j’ai été appelé pour servir trois ans dans l’armée et défendre mon pays. (A ce sujet, je voudrais rappeler que c’est Nelson Mandela qui a fondé en 1961, avant son arrestation, le plus important de ces groupuscules terroristes : le M.K (abréviation de Umkhonto we Sizwe, ou « fer de lance de la nation ») ; Ce contre quoi nous nous sommes battus. Mandela reste pour moi l’arbre qui cache la forêt. On en a fait une icône pour avoir évité un bain de sang, mais sa libération, voulue par une cabale aux ordres de la finance internationale, a contribué à tuer dans l’œuf une insurrection blanche. De sa base militaire au Botswana tout près, l’aviation américaine ne nous aurait pas fait de cadeaux…

Les Noirs n’étant pas appelés sous les drapeaux, ce n’est qu’en tant que volontaires qu’ils se joignaient à nous. On ne leur demandait pas non plus de contribuer au développement de leurs territoires (homelands) que nous, Blancs, devions subventionner, assurant leur éducation, leur santé et des infrastructures viables. Cela faisait partie des procédures de négociation, mais, leurs leaders n’étant pas toujours à la hauteur, l’ambiguïté de la situation était source de mécontentement. Nous ne comprenions pas cette charge de responsabilités, de plus en plus lourde à porter au fur et à mesure qu’augmentait leur nombre, et qui rendait totalement injustifiées ces attaques internationales exigeant en fin de compte notre capitulation et notre soumission à ce vent de l’histoire qui soufflait sur l’Afrique… Des hommes, à leur sortie des universités noires, étaient enrôlés par divers pays d’Europe pour parfaire leur connaissance de la démocratie. Cela se traduisait, dès leur retour au pays, par le fait d’imposer leurs idées par la terreur : intimidations, attentats, tortures, assassinats… Aussi, avons-nous trouvé incompréhensibles la publicité, l’encensement de ces hommes aux ambitions personnelles démesurées, alors qu’étaient passées sous silence les attentes plus objectives de modérés tels qu’un Muzorewa au Zimbabwe et un Buthelezi en Afrique du Sud, qui, eux, avaient le soutien, notamment électoral, d’une majorité de leur communauté respective.

Novopress : Quel est, selon vous, le bilan de tout ce gâchis?

Edwin : Il existe aujourd’hui une haine raciale que je n’ai jamais connue dans ma jeunesse. Paradoxalement, elle provient de jeunes qui n’ont pas vécu sous l’Apartheid mais à qui on a inculqué la haine de l’homme blanc, rendu désormais responsable de tout ce qui va mal. Leurs anciens sont désillusionnés, réalisant que l’abolition de l’Apartheid ne leur a rien amené de meilleur. Au contraire, le travail manque depuis que les frontières sont ouvertes à tout vent, laissant s’engouffrer des hordes venus du nord, à la recherche d’un eldorado qui n’existe plus… L’étendue des bidonvilles autour des grosses agglomérations est impressionnante et la chasse à l’étranger, perçu comme une menace, fait ressurgir une identité tribale chez les sud-africains noirs qui ne s’embarrasse pas de principes dans la pratique du passage à tabac. Personne n’en parle, les cris d’orfraie étant réservés aux délits perpétrés par les seuls Blancs, dont la frustration, parfois, finit par atteindre son paroxysme. Dans chaque communauté : noire, blanche, métisse, l’amoralité est désormais de norme. Les valeurs familiales sont bafouées, la drogue fait des ravages. Victimes de discriminations, beaucoup de jeunes Blancs s’exilent, ainsi que des familles entières, à la recherche de sécurité, d’un emploi et d’une meilleure éducation pour leurs enfants. Un Blanc sur cinq a définitivement quitté le pays : près de deux millions se sont expatriés, essentiellement en Australie, au Canada et en Angleterre. Demeurent les plus démunis et ceux trop vieux pour s’adapter à une autre culture… Dramatique est la vision de personnes âgées désormais seules, semblant attendre la mort, loin de leurs enfants dispersés aux quatre coins du monde… Nous vivons au jour le jour, tentant d’éviter au mieux un danger omniprésent, incapables bien souvent d’échapper à la nostalgie du passé… Des milliers de Blancs sont assassinés, parfois torturés, mutilés, sans motif apparent. Pour nous, il s’agit bien d’un génocide. Mais, là encore, aucune voix ne s’élève pour protester. Nous avons en effet appris à nos dépens qu’il n’est pas politiquement correct de défendre des victimes à la peau blanche. Seuls les Blancs pratiquent le racisme, n’est-ce pas ? La loi de la majorité (majority rule) ne permet plus à nos enfants d’accéder à l’emploi. Les communautés indienne et métisse sont également touchées. Les employés (municipaux et gouvernementaux) blancs sont poussés à démissionner et se retrouvent peu à peu condamnés à la misère. Par simple sécurité, nous ne pouvons vivre au milieu des Noirs, mais eux envahissent nos quartiers, amenant pour bagage, leur culture de dégradation et de tapage nocturne… Nous n’avons aucune défense. Le pouvoir en place dissout peu à peu les commandos d’autodéfense, pourtant si efficaces. Notre identité culturelle n’est plus respectée, pas même reconnue. Les quelques Blancs qui siègent au Parlement ne sont que des lèche-bottes sans représentativité. Aussi est-il illusoire pour nous d’aller voter. Nous nous considérons comme des apatrides, forcés de vivre dans un pays hostile dans lequel il nous est arrivé d’être nés…

Novopress : Une partition serait-elle viable ?

Edwin : Certains ont mis toute leur énergie dans la création d’enclaves blanches afin de préserver leur culture et d’élever leurs enfants sans contrainte. Mais les difficultés sont innombrables. Orania (1) est la plus vaste. Située dans le nord de la province du Cap, en bordure de la rivière Orange, elle a été construite en zone semi – désertique, là où les Noirs n’ont jamais voulu s’établir. Cela n’a pourtant pas suffit pour épargner à ses habitants de multiples tentatives de déstabilisation. La dernière en date : incorporer l’enclave à une township noire, pourtant distante de plusieurs dizaines de kilomètres, ce qui aurait vite fait des Blancs une minorité privée d’autonomie. Jusqu’à présent, Orania a survécu, au prix d’énormes sacrifices et de procédures légales fort coûteuses… De mille, sa population est passée à environ six cents âmes qui, malgré les obstacles, s’accrochent à ce symbole vivant.

Novopress : Notre combat (2), dans les années 80, nous donnait l’impression d’être le dernier bastion blanc, la digue de défense de l’identité européenne. Aujourd’hui Edwin, quel conseil donneriez-vous aux Européens qui se sentent menacés ?

Edwin : L’Occident n’a pas voulu voir dans notre lutte un préambule à sa situation actuelle. Je n’oublie pas que vous vous êtes battue à nos côtés, que vous avez été des nôtres… Au moins avez-vous eu le choix de pouvoir partir et refuser la soumission… Mais pour combien de temps encore ? Je constate que, dans le monde entier, la majorité des Blancs courbent l’échine. Je ne m’étendrai pas sur l’Amérique. En Europe, ils accordent aux étrangers, noirs et musulmans en particulier, tant de droits à leur culture et leur espace vital qu’ils en oublient les leurs. Les fondateurs de la civilisation européenne ont cédé leur droit d’existence, sans se soucier de savoir entre les mains de qui ils la remettaient. Il me semble que partout, les Blancs aient perdu la volonté de vivre. Un conseil à donner ? Résister, s’unir, faire front, toujours… Conserver ou reprendre racine, en milieu rural notamment. Car c’est bien là, au contact de la nature, de la terre, que nous retrouvons notre âme.

Novopress : Merci Edwin. Malgré vos tribulations, je sais qu’avec les vôtres, vous gardez le souvenir du Grand Trek et qu’en vous tous coule encore le sang qui anima, vivace, l’esprit de vos anciens dans leur quête insatiable de liberté.

Propos recueillis et traduits de l’anglais par Michelle Favard-Jirard pour Novopress France

(1) Comme l’Etat Libre d’Orange (Orange Free State), Orania fait honneur à la Maison d’Orange. Voici quelques siècles, cette famille royale néerlandaise a en effet généreusement soutenue la communauté afrikaner.

(2) Michelle Favard-Jirard a longtemps vécu en Afrique du Sud et y a participé à la défense de sa communauté.

La nouvelle Afrique du Sud ou l’échec de la société multiraciale

Entretien avec Pierre-Olivier Sabalot

12/4/2010

Pierre-Olivier Sabalot, jeune universitaire français qui a enseigné plusieurs années en Afrique du Sud, parlant couramment la langue afrikaans est l’auteur du livre “Verwoerd. Le Prophète assassiné” édité en janvier 2009 aux éditions du Camas. Son livre s’appuie sur une solide bibliographie inaccessible en France.

Il nous a fait l’honneur de répondre à cet interview afin de nous faire découvrir une réalité trop souvent méconnue et mal interprétée en Europe: le “pouvoir blanc” en Afrique du Sud et les conséquences funestes de l’effondrement de 1994 conduisant à l’épuration ethnique des Afrikaners menée sous la houlette de certaines factions de l’ANC.

Altermedia: Vous avez vécu pendant un certain nombre d’années en Afrique du Sud et connaissez particulièrement bien les arcanes de ce vaste pays si méconnu en Europe. Quelle expérience en tirez-vous et que pouvez-vous nous dire des mentalités des différentes communautés qui s’y côtoient ?

Création artificielle issu du colonialisme britannique, État mais non Nation, regroupant 48,3 millions d’habitants (5 millions en 1904 !), sur 1,22 million de km² (2,5 fois la France), l’Afrique du Sud est d’abord une mosaïque ethnique. Une mosaïque au sein de laquelle se juxtaposent neuf peuples noirs (Zulus, Xhosas, Sothos, Tswanas, Pedis, Tsongas, Swazis, Ndébéles, Vendas), historiquement hostiles les uns envers les autres, ainsi qu’un « peuple noir urbain », détribalisé, occidentalisé et acculturé, au sein duquel l’ANC (parti de cadres essentiellement xhosas, et dans une moindre mesure sothos) recrute l’essentiel de ses militants ; une « Tribu blanche », les Afrikaners (environ 2,9 millions, parlant l’afrikaans, langue dérivée du néerlandais) auxquels s’ajoutent 1,8 million d’autres Blancs, essentiellement anglophones ; 4,2 millions de Kleurlinge (ou Métis, afrikaansophones et calvinistes à 80%) et 1,2 million d’Indiens, à majorité hindoue et à minorité musulmane. Après la chute du pouvoir blanc, en 1994, Mandela, de par son charisme et son sens aigu des réalités politiques, a probablement évité une guerre civile raciale, mais ses successeurs Thabo Mbeki (1999-2008), Kgalema Motlanthe (2008-2009) et surtout Jacob Zuma (depuis mai 2009) n’ont pas son envergure. Si la crise économique se poursuit, Zuma, Zulu polygame traditionnel, populiste, sera tenté de s’appuyer sur la gauche de son parti et ses alliés (Ligue de jeunesse, syndicat COSATU, parti communiste SACP) et de mener une politique démagogique, tourné contre les Non-Noirs, dans une optique de « bouc émissaire », comme au Zimbabwe –et avec les résultats catastrophiques que l’on connait… Les déclarations récentes du chef de la Youth League de l’ANC, Julius Malema, qui a repris une vieille chanson raciste de l’ANC de l’époque de l’apartheid et interdite par la justice sud-africaine, appelant à tuer les Boers (c’est-à-dire les fermiers afrikaners), s’inscrit sauvagement dans cette optique de « réethnicisation du politique ».

Les Blancs en tous cas ne sont pas les seuls à être inquiets (et à juste titre) pour leur avenir, car nombreux sont les Kleurlinge et les Indiens qui s’interrogent de plus en plus profondément –et parfois avec angoisse- sur leur « identité intermédiaire », coincés entre Noirs et Blancs. En tous cas, et contrairement à 1994, rien n’est écrit concernant le futur du pays, je pense que tout reste possible, notamment une redistribution des cartes politiques en cas de troubles graves liés à la persistance de la crise économique.

Dans moins de deux mois, les zélotes du nouvel ordre mondial, à travers la coupe du monde, célébreront le mythe de la « nation arc-en-ciel » pour reprendre l’expression de l’archevêque Desmond Tutu. Presque vingt ans après le referendum abolissant l’apartheid, comment interprétez-vous cet événement et surtout quel bilan peut-on dresser des deux dernières décennies ?

On peut faire un parallèle saisissant entre deux évènements : la Coupe du Monde de rugby en Afrique du Sud en 1995 -gagnée par les Springboks- scellant (au moins pour un temps) la réconciliation politique entre l’ANC de Mandela et la minorité blanche, un an seulement après l’arrivée au pouvoir de la majorité noire ; et la Coupe du Monde de football qui se déroulera du 10 juin au 10 juillet prochains. Cette dernière s’annonce déjà mal : stades terminés (ou non) à la dernière minute ; problème de vente des billets (450.000 spectateurs étrangers attendus, à peine 350.000 ont effectivement acheté des billets, creusant encore le déficit financier de l’organisation) ; problèmes de ravitaillement électrique (Eskom, l’EDF local, est à bout de souffle, faute d’investissements suffisants depuis 15 ans) ; problèmes de violence et d’insécurité (plus de 18.000 meurtres l’an dernier, soit 50 par jour) ; ravivement des tensions raciales, toujours latentes notamment dans les campagnes, après l’assassinat d’Eugène Terreblanche ; ras-le bol de la population face au chômage (40% de la population active) et à la pauvreté (10% de la population en situation de misère sociale) ; chasse aux immigrés noirs (50 morts dans les émeutes xénophobes de mai 2008), etc… Une « cocotte » prête à exploser, sous l’œil des caméras du monde entier, ce qui donne d’ailleurs déjà des idées à certains groupes extrémistes (noirs, du reste, opposés à l’ANC), qui entendent profiter de la Coupe du Monde pour faire éclater au grand jour leurs revendications. La Coupe du Monde de football s’annonce déjà comme l’Anti-Coupe du Monde rugby, qui fut, elle, un succès politique incontestable.

Malgré une croissance économique importante et réelle entre 1994 et 2008 (essentiellement d’ailleurs liée à la levée des sanctions économiques internationales et au retour des investisseurs occidentaux), les problèmes sociaux (SIDA : 12% de la population totale sud-africaine est séropositive, en grande partie au sein de la classe moyenne et supérieure urbaine noire ; dégradation de l’enseignement public ; généralisation de la corruption ; création d’une bourgeoisie noire privilégiée, liée à l’ANC et tout aussi rapace que la bourgeoisie blanche et augmentation des inégalités sociales entre Noirs ; problème non réglé de la redistribution de terres à des fermiers noirs…) se sont aggravés avec la crise économique mondiale, qui a frappé de plein fouet le pays.

Le bilan global de ces quinze dernières années est donc globalement négatif, aggravé par la politique revancharde anti-blanche de l’ANC ; la mise en place d’une politique de « discrimination positive » (le « Black Economic Empowerment ») et l’émigration d’un million de Blancs, essentiellement des cadres, qui a entraîné une forme de « décompétence » au sein des entreprises.

Les Sud-Africains blancs semblent suivre le destin funeste de leurs frères rhodésiens. Pourtant, lors du referendum du 17 mars 1992, près de 70% d’entre eux firent le choix de l’abolition du développement séparé. Comment expliquer ce chiffre ?

Il faut remettre ce chiffe de 68% de « Oui » à la politique de de Klerk dans son contexte : effondrement de la natalité des Blancs et « noircisation » des zones blanches organisée par le patronat blanc capitaliste lui-même ; chute de l’URSS et fin du rôle de « sentinelle » géopolitique de l’Afrique du Sud blanche sur la Route du Cap, ôtant à la RSA de l’apartheid la « tolérance » dont elle bénéficiait auprès des puissances occidentales, en contrepartie de son intégration dans le combat stratégique anticommuniste ; poids (relatif) des sanctions économiques et de l’isolement politique, culturel et sportif de l’Afrique du Sud ; rôle du lobby sioniste contre les forces identitaires blanches ; embourgeoisement progressif des Afrikaners qui ont perdu à partir des années 80 la force morale de combattre pour leurs privilèges ; épouvantail de la guerre civile raciale en cas de victoire du « Non »… La propagande du Système capitaliste mondialiste a joué à fond en 1992. Les Afrikaners votèrent à 45% pour le « Non », les Anglophones à 12%, démontrant là encore le décalage sociologique entre les deux « nations blanches » du pays. Cela dit, le référendum de 1992 donnait à de Klerk l’approbation des Blancs pour accélérer le processus de négociations concernant le partage du pouvoir avec les Noirs (les Métis -9% de la population- et les Asiatiques -2,5%- étant associés de façon partielle au pouvoir blanc depuis 1984), mais pas de blanc-seing pour une capitulation en rase campagne comme le fit le dernier Président blanc du pays. En ce sens, de Klerk a trompé l’électorat.

Frederik de Klerk, un Afrikaner jusque là réputé pour ses positions conservatrices, accède au pouvoir en 1989. Il accélère dès cette époque le rythme des réformes conduisant à la mise à mort du système. Ce choix est-il conditionné par une situation politique particulière ou par le jeu de pressions internationales et de certains groupes d’intérêts ?

Les deux et nous y avons en partie répondu à la question précédente. Fils de Jan de Klerk, ancien Ministre de l’Intérieur sous Verwoerd ; et neveu de Johannes Gerhardus Strijdom, ancien Premier ministre « dur » ; lui-même diplômé de l’Université religieuse et très conservatrice de Potchefstroom, homme su sérail nationaliste, Frederik Willem de Klerk pouvait a priori sembler incarner une aile conservatrice du NP lors de la crise de 1989. Il devient Premier ministre après un véritable putsch au sein du NP, qui renverse PW Botha, alors en convalescence, au moment où l’opposition de droite, hostile à l‘abandon du développement séparé (HNP et surtout KP, le Parti conservateur) a le vent en poupe au sein de l’électorat blanc. L’accélération du rythme des réformes visant à démanteler les derniers acquis du développement séparé est donc confiée –comme souvent- à un homme présenté comme conservateur, mais qui en réalité n’est qu’une marionnette aux mains des forces économiques du Grand Capital ; un « conservateur » qui endort ainsi la méfiance de ses concitoyens par une réputation rassurante. On peut considérer de Klerk comme un liquidateur, exactement comme Gorbatchev en URSS à la même époque, certains journalistes ayant même parlé de « pretoriastroïka » concernant de Klerk.

L’an dernier, vous avez consacré un ouvrage à Hendrik Verwoerd à travers lequel on découvre que le système de développement séparé n’a jamais vraiment été mis en pratique et fut abandonné dès la mort dramatique de son initiateur en 1966. Pouvez-vous nous expliquer en quoi consistait ce système tant dénigré en Occident et pourquoi certains cercles politiques et financiers l’ont rejeté ? Enfin pouvez-vous nous rappeler dans quel contexte et surtout pourquoi fut assassiné Verwoerd ?

Après le traumatisme de la défaite de la Guerre des Boers en 1902 et la création coloniale (artificielle) de l’Union sud-africaine en 1910, les Afrikaners –devenus une minorité dans un territoire qui intègre désormais une majorité démographique non-blanche- ont tenté de reprendre le pouvoir politique, largement concentré entre les mains de la minorité britannique et de ses valets afrikaners « modérés ». En 1948, le NP du Dr Daniël François Malan triomphe aux élections générales et un nouveau programme, l’« apartheid » (litt. « le fait de mettre à part ») est mis en application. Cependant, malgré les efforts du Broederbond et du SABRA, le concept d’apartheid n’est pas compris de la même façon par tous les dirigeants nationalistes, et ce, depuis 1948. Deux grandes tendances s’opposent. D’un côté, la vieille tendance ségrégationniste, suprémaciste (le « Baasskap ») et conservatrice, pour qui les Noirs sont de grands enfants qu’il faut diriger et exploiter, puisque les Afrikaners sont un peuple élu par Dieu et qu’il possède donc tous les droits par délégation divine. C’est la vision d’un Malan ou d’un JG Strijdom. De l’autre, une aile ethno-différencialiste, pour qui le territoire sud-africain doit être partagé, éclaté, entre les Blancs d’un côté et les neuf peuples noirs de l’autre, impliquant à terme une forme de « décolonisation intérieure », aboutissant à la création d’Etats ethniquement homogènes. Le Dr Hendrik Frensch Verwoerd (1901-1966), qui devient Premier ministre en 1958, se rattache au deuxième courant. Afin de réaliser son objectif, il appelle les Blancs à des sacrifices, et à se passer des Noirs en toutes occasions, y compris –et surtout- à se passer d’employés noirs et d’effectuer le travail eux-mêmes. Une révolution intellectuelle… Il s’oppose au Grand Capital local, essentiellement britannique et juif, favorable au libéralisme (pour mieux exploiter la main d’œuvre noire) et à une alliance politique avec Israël. Verwoerd met en place un « socialisme ethnique » afrikaner, grâce à l’action économique volontariste et planificatrice de l’Etat, permettant non seulement la conquête (partielle) de l’économie par les Afrikaners, mais surtout la création d’infrastructures économiques essentielles, encore utilisées aujourd’hui (industries mécaniques, grands barrages hydroélectriques, transformation du charbon en pétrole, création de ports industriels, mise en place d’un réseau de télécommunication moderne, premier réacteur nucléaire à Pelindaba…). Une politique d’indépendance nationale, sur le modèle gaulliste, tournée contre la puissance coloniale britannique qui opprime le peuple afrikaner depuis 1902 : l’Afrique du Sud de Verwoerd quitte le Commonwealth en mars 1961 et devient une République le 31 mai suivant.

Cette politique sociale-nationaliste, hostile aux grands groupes capitalistes locaux et internationaux, lui est fatale. Il est assassiné en plein Parlement, au Cap, le 6 septembre 1966, victime d’une conjonction d’intérêts a priori opposés : libéraux, services secrets militaires partisans de l’alliance avec la Grande Bretagne et Israël, conservateurs partisans du « Baasskap » qui estiment qu’il en fait trop pour les Noirs… L’assassin de Verwoerd, Demetrios Tsafendas, un métis gréco-mozambicain aux motivations peu claires, fut déclaré irresponsable de ses actes et le dossier fut refermé, afin d’éviter les révélations explosives, notamment le rôle de certains secteurs (politiques, économiques et militaires) de l’appareil d’Etat.

Verwoerd fut nommé en 1950 Ministre des affaires indigènes. Il coopéra notamment avec l’anthropologue et linguiste sud-africain Max Eiselen, également secrétaire aux affaires indigènes puis secrétaire aux affaires bantoues et au développement. Que sont-ils parvenus à réaliser durant ces années ?

Il faut noter que Werner Willi Max Eiselen et Hendrik Frensch Verwoerd étaient deux vieux complices, tous deux anciens professeurs à l’Université de Stellenbosch, l’un en anthropologie sociale, le deuxième en psychologie et en sociologie. Tous deux fils d’immigrants européens (allemands pour Eiselen, néerlandais pour Verwoerd), ils ont une vision moins « afrikanerocentrée » que les autres intellectuels nationalistes (Geoffrey Cronjé, Pieter Johannes Meyer, Nico Diederichs…). Eiselen fut le premier à dire dès la fin des années 20 que les cultures africaines sont tout aussi respectables que celles des Blancs et qu’il faut valoriser ces différences, afin de permettre aux Noirs de d’épanouir culturellement sans subir la « pollution » culturelle (liée à l’intégration au système économique) des Blancs. Pour ce faire, il convient de valoriser l’enseignement des langues noires non seulement pour les Noirs restés dans leurs zones (les « Bantoustans »), mais également pour ceux, en voie de détribalisation, immigrés en zones blanches. Eiselen est également à l’origine du remplacement dans la terminologie officielle du terme (assez péjoratif) d’« Indigène », par celui de « Bantou », qui rattache les Noirs d’Afrique du Sud aux autres cultures africaines noires plus valorisées, puisque le terme « bantou » est linguistique, un peu comme « indo-européen ». Le développement séparé de Verwoerd est aussi la mise en valeur des identités des neuf peuples noirs d’Afrique du Sud, appelés à s’épanouir, à leur rythme, sur leurs propres territoires d’origine, dans une logique de « co-développement » politique, économique et culturel, chacun chez soi, en rupture avec l’Etat-Nation artificiel sud-africain, qui est une création coloniale britannique. Verwoerd parlait lui-même de « Commonwealth » austral-africain pour désigner ce nouvel ensemble, un Etat blanc aux côtés d’Etats noirs, indépendances dans l’interdépendance. Eiselen et lui furent donc de véritables ethno-différencialistes et non des suprémacistes blancs.

Comment comprendre l’évolution du Parti national de son accession au pouvoir en 1948 sous l’impulsion de Daniël François Malan au positionnement de Frederik de Klerk 40 ans plus tard, ce dernier rejetant tout autant le suprématisme blanc que l’ethno-différencialisme d’un Verwoerd ?

Le Parti national (Nasionale Party ou NP), fondé en juillet 1914 à Bloemfontein par le Général James Barry Munnik Hertzog, héros de la Guerre des Boers, a incarné les intérêts du peuple afrikaner, au point que le Dr Verwoerd le désignait comme « la Nation en mouvement ». En 1948, il accède au pouvoir et entreprend la mise en place de la politique d’apartheid. Cependant, le parti n’a jamais été un bloc idéologique monolithique, il a –au contraire- toujours été traversé par des courants distincts, parfois hostiles les uns aux autres : des lignes de fracture idéologiques, régionales, personnelles, intergénérationnelles… Jusqu’en 1966, le Dr Verwoerd a su fédérer les différences tendances du parti. Après son assassinat, trois grandes tendances sont désormais en compétition au sein du parti : des verwoerdistes raciaux-séparatistes et ethno-différencialistes, groupés derrière le Dr Albert Hertzog (fils du Général) et qui feront scission du NP en octobre 1969 pour créer le HNP (Herstigte Nasionale Party, ou Parti national reconstitué) pour protester contre les réformes d’assouplissement de Vorster ; une aile ségrégationniste-suprémaciste-conservatrice, partisane du « Baasskap », agglomérée autour du nouveau Premier ministre Vorster ; et une aile ouvertement libérale, favorable au grand patronat et qui demande déjà des réformes pour partager le pouvoir, regroupée notamment autour de Piet Cillié, rédacteur en chef du quotidien nationaliste du Cap, « Die Burger ». Ces trois tendances sont hostiles les unes aux autres. L’aile ségrégationniste-conservatrice va elle-même se diviser en deux ailes opposées, les « verkrampte » (ou « crispés »), favorables à la ségrégation raciale stricte, et les « verligte » (ou « éclairés »), partisans de réformes progressives. Alors que les « verligte » vont s’allier rapidement aux libéraux et orienter de façon décisive le parti sous Pieter Willem Botha (1978-1989) et surtout FW de Klerk (1989-1994), les ségrégationnistes vont quitter le parti en 1982 et créer le KP, le Parti conservateur, sous la présidence du Dr Andries Treurnicht, ancien ministre de Vorster, un KP hostile au démantèlement du système.

Ce sont donc les libéraux qui sont aux commandes du Parti à partir de la fin des années 70, et leur objectif politique est l’assouplissement du système, jugé anti-économique par le grand patronat, et le partage du pouvoir avec les Non-Blancs. Un partage progressif, puisque PW Botha associe Métis et Asiatiques, avec une nouvelle Constitution, approuvée par référendum par les électeurs blancs le 2 novembre 1983, avant que de Klerk ne liquide définitivement le système onze ans plus tard…

Marginalisé politiquement après l’arrivée au pouvoir de l’ANC en 1994, le NP se transforme en 1997 en Nuwe Nasionale Party (Nouveau Parti National), sous la direction de Marthinus van Schalkwyk, puis se dissout en 2005 dans l’ANC…

Le 3 avril dernier, Eugène Terre’Blanche fut sauvagement assassiné par deux Noirs. La presse occidentale politiquement sous contrôle a bien évidemment présenté sa conception de l’Afrique du Sud comme un élément pouvant légitimer ce meurtre. Pouvez-vous nous rappeler dans quel contexte fut créé son organisation l’AWB et son évolution ultérieure ? Quel objectif souhaite-t-elle atteindre aujourd’hui et surtout que représente-t-elle chez les Afrikaners ?

Héritière de l’Ossewabrandwag (la « Sentinelle du chariot à bœufs » ou OB, la plus grande organisation culturelle et politique de masse afrikaner, pronazie, entre 1938 et 1952), l’AWB (Afrikaner Weerstandsbeweging ou Mouvement de Résistance Afrikaner) est née le 7 juillet 1973, d’une scission à droite du HNP, parti verwoerdiste (né en octobre 1969) qui dénonçait déjà les trahisons du Premier ministre BJ Vorster, successeur du Dr Verwoerd. Vorster, ancien militant pronazi de l’Ossewabrandwag, a progressivement tourné le dos aux principes du développement séparé pour revenir au bon vieux « Baasskap » évoqué plus haut, s’est allié au Grand Capital local et a développé des relations intenses avec Israël, au point que les deux pays ont développement ensemble un programme nucléaire militaire.

L’AWB est fondée le 7 juillet (7.7, donc), par 7 policiers (dont Eugène Ney Terreblanche, ancien des forces spéciales de la police, notamment dans le Sud-Ouest Africain, reconverti en 1968 dans l’agriculture, en reprenant la ferme familiale de Ventersdorp, près du Bantoustan du Bophuthatswana)… Le chiffre 7 renvoie à une symbolique ésotérique calviniste, celle de l’exaltation de l’œuvre de Dieu, qui a créé le monde en 7 jours. On retrouve le « triple 7 » ou « 777 » (en forme de triskell) sur le drapeau de l’organisation, un « 777 » sensé représenter l’Anti « 666 », le chiffre de l’Antéchrist. Un drapeau qui rappelle aisément celui de l’Allemagne nationale-socialiste, même si la filiation néonazie de l’AWB est indirecte, issue de l’Ossewabrandwag, dont le père de Terreblanche, De Villebois Mareuil Terreblanche, fut un cadre dirigeant. La création de l’AWB correspond en 1973 à une provocation policière destinée à affaiblir le HNP et à effrayer –par les outrances et les provocations répétées de l’AWB- les électeurs blancs afin qu’ils ne votent plus pour les forces identitaires. Cependant, sous la direction de Terreblanche (probablement le plus brillant orateur afrikaner depuis le Dr Verwoerd, et que j’ai la chance d’écouter en meeting à Pretoria en mars 1993), l’AWB s’est progressivement éloignée de ses origines policières, et s’est transformée un acteur politique autonome à part entière, décidé à défendre les intérêts des classes populaires (urbaines comme rurales) afrikaners, face à l’Establishment NP de plus en plus libéral. Le Mouvement a compté jusqu’à 70.000 membres (2% de la population afrikaner, ce qui n’est pas rien) en 1994, avant de s’effondrer, suite à sa déconfiture militaire durant la « bataille du Bophuthatswana » ; aux démêlés de Terreblanche avec la justice (condamné à 6 de prison pour meurtre, il en a fait 4), et à sa conduite personnelle (alcoolisme chronique et infidélités conjugales), peu compatibles avec la morale calviniste rigoriste prônée par l’AWB. Réactivée en 2008, l’AWB compterait environ 5.000 membres aujourd’hui, mais le ravivement des tensions raciales, suite à la mort de son chef, lui a attiré la sympathie de nombreux fermiers afrikaners, qui se sentent solidaires du « martyr » Terreblanche, symbole de la revanche et de la volonté de nettoyage ethnique de la part de certains secteurs radicaux noirs, sur fond de problème de redistribution des terres. Au delà du fait divers en partie crapuleux, l’assassinat de Terreblanche est aussi celui d’un symbole, celui des Afrikaners viscéralement attachés à leur terre, cette terre africaine qui est l’âme de leur Nation…

Ne représentant que 9,5% de la population, quel avenir pressentez-vous pour la population blanche du pays ? Le chemin de l’exode est-il inéluctable ou un Volkstaat est-il encore sérieusement envisageable ?

Aujourd’hui les Blancs sont 4,7 millions sur 48,3 millions d’habitants, soit 9,7% de la population, et je pense que la grande majorité de ceux qui devaient partir (pour diverses raisons : peur de l’avenir, insécurité, chômage et marginalisation…) sont déjà partis. En 1960, à l’époque de Verwoerd, les Blancs constituaient 20% de la population sud-africaine, un « seuil critique » suffisant pour prétendre mener eux-mêmes le processus de développement séparé et d’éclatement territorial final, leur assurant la maîtrise politique complète d’un Etat central à population à majorité blanche. En fait, l’effondrement de la natalité des Blancs est la cause essentielle de la chute de l’apartheid, puisque les capitalistes locaux ont intégré après la mort de Verwoerd des masses de plus en plus importantes de travailleurs noirs (peu payés et exploités) dans les espaces d’activité industrielle des zones blanches. Cet « appel d’air » a désorganisé l’équilibre démographique en zone blanche, empêchant concrètement toute idée postérieure de création d’Etat à majorité démographique blanche. De plus, un million de Blancs ont quitté le pays depuis 1994 (sur les 5,3 millions de l’époque), alors que parallèlement plus de 5 millions d’immigrés illégaux noirs (essentiellement zimbabwéens et mozambicains) se sont installés en RSA depuis cette date, aggravant encore le déséquilibre démographique. Aujourd’hui, les Blancs ne sont majoritaires dans AUCUNE zone de la RSA, même si, localement, ils constituent encore de fortes minorités (zones rurales de l’ex-Transvaal et de la Province du Cap-Nord) ou dans certaines enclaves, comme à Orania, Orandia ou Morgenzon, villages pilotes peu peuplés mais dynamiques sur le plan socio-économique, embryons de « Volkstaat », litt. « l’Etat du Peuple ». Cette notion de « Volkstaat », d’Etat du peuple, dans lequel les Blancs sont majoritaires, vient de Pieter Johannes Meyer (1909-1984), docteur en philosophie et un des idéologues majeurs du développement séparé (dont je prépare actuellement la biographie, et pour laquelle je me rendrai en août prochain en RSA), et ce dès les années 40. A l’époque la notion de « Volkstaat » est une notion offensive et volontariste, un Etat blanc central entouré d’Etats noirs indépendants, tandis qu’aujourd’hui, le « Volkstaat » est un concept défensif, un petit Etat refuge blanc –indépendant ou confédéré avec le reste de la RSA- face à une Afrique du Sud « multiraciale », politiquement dominée par l’ANC et le pouvoir noir. Compte tenu de la réalité démographique, de la dispersion des enclaves et de la faible population de celles-ci, l’idée de Volkstaat reste encore pour l’heure utopique, mais en cas de changement politique de fond (SIDA –y compris au sein de l’élite noire, qui va détruire l’encadrement noir au cours des dix années à venir-, systématisation du nettoyage ethnique anti-afrikaner dans les campagnes, augmentation de la pauvreté chez les Blancs -environ 300.000 Afrikaners, plus de 10% de leur communauté ne vivent plus déjà que grâce aux soupes populaires-, troubles ethniques, conflits tribaux et sociaux entre Noirs …) le « Volkstaat » pourrait alors, dans des conditions particulières, devenir une hypothèse envisageable, notamment par les regroupement démographique d’Afrikaners pauvres dans quelques zones clés, leur assurant une majorité locale. Des conditions extrêmes, mais pas pires que celles qu’ont connus d’autres Etats d’Afrique noire depuis la séquence de décolonisation à partir des années 60… Et qu’a connu l’Afrique du Sud elle-même au cours du XIXè siècle…

Concernant un hypothétique projet de Volkstaat, une expérience intéressante fut lancée par Carel Boshoff en 1990, il s’agit de la création de la ville d’Orania. Que vous inspire cette initiative et quels sont ses rapports avec le gouvernement sud-africain ?

Orania est une expérience laboratoire, d’échelle délibérément réduite, fondée au début des années 1990 par le Pr Carel Boshoff, ancien président du Broederbond et gendre du Dr Verwoerd. Situé le long du fleuve Orange, à la limite entre les provinces du Cap-Nord et de l’Etat Libre, le village compte un peu plus de 1.500 habitants, pour une superficie de 4.000 ha, au sein duquel l’afrikaans est la seule langue officielle. Un village dynamique, dont le développement économique s’est basé sur une agriculture biologique (qui exporte jusqu’en Europe) et un tertiaire informatique, refusant toute industrie polluante. Un cadre de vie idéal, sans chômage, afrikaner à 100%. Pour marquer symboliquement sa volonté de rupture avec la RSA «multiraciale », la ville s’est même dotée de sa propre monnaie, l’ora, alternative au rand sud-africain. Orania sert également de modèle à plusieurs communes kleurlinge voisines, qui entendent se développer elles aussi à l’abri des Noirs, en se basant sur l’agriculture biologique. Le Dr Frik de Beer (professeur à l’UNISA), rappelle que le principe d’autodétermination du peuple afrikaner, incarné dans l’idée de Volkstaat, est très ancré dans la population afrikaner même si peu de citoyens sont pour l’heure prêts à s’installer dans une enclave. Une population afrikaner en phase de revival culturel, après le contrecoup de la défaite politique de 1994, pour la troisième fois au cours de son histoire, après la conquête coloniale britannique du Cap en 1806 et la défaite de la Guerre des Boers en 1902 (qui a vu le génocide partiel du peuple afrikaner et la création des premiers camps de concentration de l’Histoire, pour y parquer femmes et enfants boers).

Orania est l’enclave afrikaner la plus connue et la plus dynamique, la plus « crédible ». Mais elle n’est pas la seule. Il existe en effet deux autres enclaves afrikaners en RSA, certes plus réduites et moins dynamiques. Orandia (près d’Olifantshoek, également dans la Province semi-désertique du Cap- Nord), regroupe 300 habitants. Enfin, la communauté de Morgenzon a été fondée au début des années 80 par le groupe des « Oranjewerkers », les « travailleurs de l’Orange », dirigé par Hendrik Frans Verwoerd, un des fils du Dr Verwoerd. Elle se situe dans la petite commune de Morgenzon, au sud-est de la province du Mpumalanga et compte environ 200 habitants, familles de chômeurs afrikaners des villes, réinstallées à la campagne dans un projet de « communauté de travail ».

Par comparaison avec ce que vous avez découvert dans ces contrées, que vous inspire la politique d’immigration en France et la volonté de nos gouvernants d’y construire la « nation arc-en-ciel » ?

Cette volonté est absolument suicidaire. Se créent de façon artificielle, sous nos yeux, en temps réels, les conditions socio-politiques explosives présentes non seulement en Afrique du Sud, mais plus généralement au sein d’autres pays multiraciaux. Nous vivons ce que le poète martiniquais Aimé Césaire appelait à fort juste titre un « génocide par substitution », le remplacement d’un peuple indigène (encore que, historiquement, les Noirs des Antilles ne soient pas spécialement les indigènes du cru, mais dans leur mythologie politique, il en est ainsi…), par des populations immigrées dynamiques et conquérantes sur le plan démographique. La « Rainbow Nation » est un mythe, et non une réalité objective, en Afrique du Sud même, même si les intérêts des classes supérieures, blanche comme noire, sont plus liés au « Village planétaire » mondial qu’à la misère de leurs classes inférieures respectives. Mais ces intérêts économiques et cette compétition sociale ne constituent que la surface, et en profondeur, les vrais problèmes sont encore et toujours les problèmes raciaux… En France, la volonté de créer artificiellement une « Rainbow Nation » ne peut que buter, un jour ou l’autre, sur les réalités ethniques et démographiques, les seules qui comptent vraiment en Histoire…

Concernant le parallèle avec l’Afrique du Sud, je vous renvoie par ailleurs au jeune sociologue Moussa Khedimellah, spécialiste des banlieues, qui n’hésite pas à parler de « townships », sur le modèle sud-africain des années d’apartheid, pour désigner les banlieues françaises actuelles.

Le développement séparé tel que défini par Verwoerd serait-il une solution pour une Europe en pleine crise identitaire ?

Il ne faut pas se voiler la face. En Histoire, il n’y a aucun exemple de coexistence pacifique et équitable sur le long terme entre deux ou plusieurs populations radicalement différentes par leurs origines, juxtaposées sur un même espace territorial. En fait, il n’existe que trois modèles de gestion socio-politique du fait différentiel ethno-racial et/ou religieux/culturel. L’assimilation complète (impliquant leur acculturation définitive) du ou des groupe(s) minoritaire(s) par le groupe dominant ; l’élimination physique (par génocide, expulsion, ou éclatement de l’espace territorial, se concluant dans tous les cas par l’épuration ethnique du territoire) ; et enfin la discrimination raciale, qu’elle soit complète (cas de la politique de « développement séparé » du Dr Verwoerd à son époque) ou bien partielle et incomplète, et nous parlons alors de ségrégation raciale, avec dans ce cas une domination essentiellement socio-économique et une forme d’oppression/humiliation du groupe politiquement dominant –pas forcément démographiquement d’ailleurs- sur le(s) groupe(s) dominé(s).

Cependant, l’Histoire nous enseigne que la troisième solution est intermédiaire : la ségrégation raciale (discrimination incomplète) conduit en général à l’abandon et à l’assimilation ; tandis que la séparation évolue vers l’éclatement et le partage du territoire, rendant possible la création de nouvelles entités politiques ethniquement homogènes, pouvant d’ailleurs vivre en bonne intelligence les unes à côtés des autres.

Si l’on applique le schéma de développement séparé verwoerdien à l’Europe actuelle, la séparation complète impliquera la création de vies séparées, dans des quartiers étanches et mono-ethniques, régis par des droits juridiques différents (comme ce fut le cas à l’époque de Clovis entre Francs d’un côté et Gallo-Romains de l’autre ; ou comme c’est encore le cas aujourd’hui en Malaisie, pays dans lequel les 55% de musulmans sont régis par la charia, tandis que les 45% d’Indiens et de Chinois sont régis par des codes civil et pénal laïques, issus de l’époque coloniale britannique). La séparation raciale de type verwoerdien pouvant dans ce cas être vue comme une étape préparatoire (par le regroupement rationnel des populations homogènes dans des zones spécifiques, bien séparées de celles où vivent les indigènes européens) de moyen terme, avant la « remigration », c’est-à-dire le retour dans les pays d’origine des populations allogènes. Ajoutons que le XXè siècle fourmille d’exemples de « remigrations » et, en Europe même, avec des populations installées dans des territoires depuis parfois plusieurs dizaines de générations, des minorités non négligeables aussi bien par le nombre que par la proportion dans le territoire qu’ils ont quitté : Grecs (1,2 million de Grecs établis en Asie mineure depuis l’Antiquité expulsés vers la Grèce par le gouvernement nationaliste turc de Mustapha Kemal en 1923) ; Finlandais (400.000 Finlandais expulsés de Carélie soviétique en 1945) ; Allemands (13 millions chassés d’Europe centrale et orientale en 1945 qui ont trouvé refuge en RFA, RDA et Autriche ) ;Français (1 million de « pieds-noirs » rapatriés en France en 1962).

Pierre-Olivier Sabalot, Verwoerd. Le Prophète assassiné.

Éditions du Camas, janvier 2009, 20,00 € plus 3,60 € de port.

Une réponse à “Le Génocide des Blancs en Afrique du Sud, Témoignage et Analyse

  1. SOLIDARITÉ avec les victimes blanches de l’apartheid . Aujourd’hui les blancs masochistes pleurent la mort d’un leader noir radical. Le monde est ainsi fait, sous le soleil d’Occident, rien de nouveau, ce sont toujours les mêmes censeurs qui émettent les mêmes inepties.
    Un identitaire français.

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